30.10.2009
RIEN DE NOUVEAU
vraiment rien de nouveau ?
Lectures : Ecclésiaste 1:9 ; Matthieu 13:44-46
Chercher à comprendre le monde qui nous entoure, telle est la caractéristique de l’être humain depuis les origines car Dieu lui adonné pour mission de se soumettre la nature. Cette volonté de savoir conduit l’homme à chercher toujours plus loin, toujours plus avant, en même temps qu’elle est source de progrès puisque chaque génération n’a pas besoin de redécouvrir le feu : elle construit sur ce qu’elle a hérité des générations précédentes. Cependant, cette recherche est principalement axée sur le "faire" pour fabriquer des objets qui doivent rendre la vie pratique plus facile et plus confortable et aller dans le sens d’un progrès que nul n’est capable de définir vraiment. Car ce progrès s’accompagne de la domination de l’avoir et du pouvoir de l’argent. Notre société ne reconnaît que la capacité de production de l’homme, d’où les multiples problèmes de l’emploi que nous connaissons.
Depuis toujours, aussi, l’être humain ressent en lui une aspiration à autre chose que le simple "faire", il voudrait surtout " être" ; c.à.d être reconnu pour lui -même et non pas seulement pour ce qu’il fait. Il reste une aspiration en nous qui consiste à être reconnu pour notre propre valeur, sans avoir à la prouver par nos efforts, ni par nos performances, ni par nos œuvres. Quant à la vie de tous les jours, beaucoup seraient tentés de donner raison à l’ecclésiaste, ce roi philosophe d’autrefois, qui posait de vraies questions qui agitent l’humanité : A quoi sert tout le travail fourni par l’homme ici-bas ? Une génération s’en va, une autre vient et elle devra elle aussi continuer comme les précédentes.
Alors l’ecclésiaste tire cette conclusion : "J’ai vu toutes les oeuvres qui se font sous le soleil : tout n’est que "buée, vapeur", traduit par vanité, futilité et poursuite du vent ; ce qui est courbé ne peut être redressé, ce qui manque ne peut être compté et, pour finir, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ? Bien sûr que si ! Mais il y a justement trop de nouveau au point que l’œil veut toujours voir autre chose et que l’oreille veut toujours entendre du neuf. Cette soif du neuf fait partie de l’âme humaine, c’est elle qui est la source du progrès technique.
Pourtant, juste après ce constat, l’Ecclésiaste s’écrie : "ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera : il n’y a rien de nouveau sous le soleil". Là, il vise les rapports entre les hommes et ce qui rend la vie digne d’être vécue. Car il sait, comme tous les penseurs, que le progrès technique ne fait pas le bonheur de l’être humain. Dans un livre retraçant la vie des hommes préhistoriques, l’auteur imaginait qu’une tribu avait réussi à tuer un gros animal préhistorique ; s’ensuit un banquet à la manière d’Obélix ; après quoi, l’un des hommes examine un os très long ressemblant à un tibia et il ne trouve rien d’autre à faire, que de s’en servir de matraque pour taper sur quelqu’un du groupe. "Ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera". Dieu l’avait déjà constaté après le déluge en disant : "Jamais plus je ne détruirai la terre à cause de l’homme, car le coeur de l’homme est porté au mal dès son enfance" (Genèse 8 : 21).L’Ecclésiaste a raison : ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera !
Mais voilà qu’il s’est produit quelque chose de radicalement nouveau depuis l’époque de l’Ecclésiaste : c’est la venue de Jésus, Fils de Dieu, dans notre monde, pour nous montrer un autre style de vie. Il est venu nous révéler l’amour de Dieu pour nous et il a donné sa vie pour nous faire comprendre que Dieu nous a sauvés malgré nous, malgré nos péchés. C’est un pur cadeau. Nul ne peut dire qu’il ne commet pas de péché, donc, le salut ne dépend pas de notre faire, mais de notre acceptation de ce cadeau. Son amour répond exactement à l’aspiration commune à chaque être humain : ma valeur m’est donnée non par les hommes, ni par mes actes mais par Dieu lui-même qui me dit : "tel que tu es, je t’aime, viens à moi, suis-moi et je ferai de toi mon serviteur". Jésus a donc commencé son ministère ici-bas en disant : "le royaume de Dieu est proche : repentez-vous, convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle (Evangile)".
Pour mieux saisir le sens profond de cette expression, il faudrait dire : "changez de mentalité et faites confiance à la Bonne Nouvelle". Changer de mentalité, c’ est reconnaître que nous pouvons vivre du neuf que Jésus a inauguré : au lieu de rechercher à posséder et à exercer le pouvoir, Jésus nous a montré que le salut réside dans le partage et le refus de dominer. "Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le serviteur de tous".
Si ce convertir, se repentir, englobe ce changement de mentalité, cela est dû à la seconde partie de l’ordre de Jésus : "croyez à la Bonne Nouvelle". Croire, dans la bible, n’a rien à voir avec une adhésion à des croyances ou à des doctrines. C’est faire confiance. "Faites confiance à ce message de salut" : voilà le radicalement nouveau qui répond au pessimisme de l’Ecclésiaste ! Si nous faisons confiance à Dieu, il va se servir de nous et nous rendre capables d’aimer notre prochain en faisant passer son intérêt avant le nôtre. Faire confiance à Dieu comme un enfant fait confiance à sa mère, càd dépendre totalement de Dieu et s’attendre à le voir agir en nous et avec nous. C’est cela entrer dans le royaume ou le règne de Dieu.
Pour passer du pouvoir et de la domination sur l’autre à ce service du prochain, il faut un changement de mentalité que Jésus illustre par deux histoires qu’il invente. Un homme découvre une jarre ou un coffre plein de pièces d’or dans le champ du voisin ; il vend tout ce qu’il a afin d’acheter le champ. Il prend le risque de tout lâcher, afin de tout gagner pcq il sait que ce qu’il va obtenir a plu de valeur que ce qu’il possède. Il ne vend pas pour se faire pauvre, il ne renonce pas aux richesses, puisqu’il sera propriétaire. Même chose pour le marchand de perles qui se retrouvera bien plus riche qu’auparavant. S’il fallait vendre ses biens pour obtenir le salut, ce serait de nouveau le salut par les œuvres ! La pointe de ces paraboles est ici : ces deux hommes remplacent ce qui avait beaucoup d’importance dans leur vie, par la possession du trésor ou de la perle qui va avoir encore plus d’importance pour eux. L’un et l’autre ont cherché et trouvé ce qui va remplir leur vie d’une grande joie. Jésus veut dire par ces deux histoires que, si nous savons que Dieu nous accepte dans son royaume, alors cette joie doit maintenant devenir le moteur de notre vie et provoquer en nous un tel changement de mentalité que nous serons motivés dans toutes nos actions par la présence de Dieu dans notre vie de chaque jour. En travaillant, l’agriculteur a découvert le trésor ; le marchand marchait de marché en marché à la recherche de perles de valeur et voilà qu’il est tombé sur celle qui vaut un trésor. Dieu se laisse trouver dans notre vie de tous les jours.
Voilà le radicalement nouveau que Jésus est venu inauguré sur terre. Le pessimisme de l’Ecclésiaste est remplacé par la puissance de l’Esprit de Dieu en nous. L’Ecclésiaste disait : "Ce qui est courbé ne peut être redressé". Jésus nous prouve le contraire : grâce au pardon donné par Dieu et reçu par le croyant, il n’est pas de situation figée, tout peut recommencer comme à nouveau et l’avenir est porteur de grandes choses que nous réussirons pcq nous aurons fait confiance au Seigneur. Il s’agit de nous laisser imprégner par la mentalité de Jésus qui nous fera accomplir de grandes choses pour lui. Il suffira de l’invoquer le plus souvent possible dans notre vie quotidienne pour qu’il transforme notre mentalité qui risque de ressembler trop souvent plus au pessimisme de l’Ecclésiaste qu’au "tout est possible à celui qui croit" du Nouveau Testament. Dieu a dit : "Je serai ton Dieu et je marcherai avec toi". A nous de marcher avec lui !
16:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
